Le domaine Fadeev et le Centre muséal « H. Blavatsky et sa famille », à Dnipro, en Ukraine.

Au début du XIXe siècle, un domaine fut construit à Yekaterinoslav (aujourd’hui Dnipro), rue de Saint-Pétersbourg (aujourd’hui rue Knyaz Mudry). Le destin a voulu que ce domaine devienne célèbre et soit classé monument historique. Cela est dû à une dynastie dont les membres, sur trois générations — hommes d’État, personnalités publiques, érudits et écrivains —, ont constitué un phénomène unique dans notre culture. Le domaine est entré dans l’histoire sous le nom de domaine des Fadeev, où est née Hélène Blavatsky.

La famille Fadeev (les grands-parents d’H. Blavatsky) vécut dans ce manoir de 1815 à 1834. En 1831, une petite fille (Helena Blavatsky) y vit le jour. Helena passa son enfance dans la région du Dniepr. Devenue orpheline à l’âge de 11 ans, elle fut élevée avec sa sœur et son frère au sein de la famille Fadeev. En 1848, à l’âge de 17 ans, elle épousa à Tiflis (aujourd’hui Tbilissi) le vice-gouverneur d’Erivan (aujourd’hui Erevan), le général Nikifor Blavatsky (1809–après 1877), originaire du gouvernorat de Poltava, issu d’une famille aristocratique ukrainienne — les hetmans Blavatko.

Lorsqu’ils retracent l’histoire de sa vie, les biographes d’H. Blavatsky mentionnent invariablement Yekaterinoslav et la maison de son grand-père, où elle est née et où elle se rendait fréquemment durant sa petite enfance. On peut supposer qu’elle s’est également rendue dans la région du Dniepr, et plus précisément à Yekaterinoslav, au cours des années suivantes, mais à cette époque, le domaine des Fadeev appartenait déjà à d’autres propriétaires.

Le terrain (d’environ 1 hectare) sur lequel se trouvait la maison principale du domaine fut revendu à plusieurs reprises et nationalisé pendant la période soviétique. Ce n’est qu’en 1987, à l’initiative du Musée historique d’État de Dnipropetrovsk portant le nom de D. I. Yavornytskyi, que la maison fut classée monument historique du XIXe siècle.

En URSS, la théosophie était considérée comme une fausse doctrine et avait été interdite ; ce n’est qu’après l’effondrement de l’Union soviétique que les frontières — tant physiques qu’informationnelles — se sont ouvertes. En 1990, le Musée historique a déposé une requête auprès des autorités régionales en vue de la création du projet de Centre muséal « H. Blavatsky et sa famille » dans la demeure historique. Parallèlement, un conseil public a été constitué au sein du musée afin d’entamer les travaux de mise en œuvre du projet. Des chercheurs, des historiens locaux, des spécialistes des musées et des représentants de diverses organisations se sont ralliés à l’idée de créer ce centre muséal.

En 1991, une délégation de la Société théosophique (Adyar), dirigée par sa présidente, Mme Radha Burnie, s’est rendue pour la première fois à Dnipro. Grâce à leur participation, la première conférence internationale, intitulée « E. Blavatsky et le monde moderne », a été organisée pour marquer le 160e anniversaire de sa naissance. Au cours de ces mêmes journées, une plaque commémorative a été apposée sur la demeure historique en l’honneur de cette éminente personnalité originaire d’Ekaterinoslav : Hélène Blavatsky. Depuis lors, la Société théosophique organise chaque année à Dnipro des séminaires internationaux qui sensibilisent le public aux principes universels de la Sagesse Ancienne.

En 1996, les premiers théosophes ont reçu leurs diplômes d’Adyar. Depuis cette époque, les théosophes ont uni leurs forces à celles du personnel du musée et de toutes les personnes intéressées par la création et le développement du Centre muséal.

Il a fallu plus de 12 ans avant que le Musée historique n’obtienne officiellement l’autorisation de créer le Centre muséal H. Blavatsky et sa famille dans la maison principale de l’ancien domaine. En 2004, sur décision du Conseil des ministres de l’Ukraine, la majeure partie de la maison a été transférée sous la garde du musée. Cependant, l’État ne disposait pas des fonds nécessaires pour réparer la maison, et encore moins pour la restaurer.

La maison était dans un état déplorable lors de son acquisition ; elle ne disposait d’aucun équipement : ni eau, ni réseau d’assainissement, ni électricité, ni chauffage. Le public et la fondation caritative « Centre Blavatsky » ont résolu bon nombre de ces problèmes grâce à leur unité et à leur engagement en faveur d’un objectif commun : le fonctionnement du Centre muséal. Des programmes théosophiques, historiques et culturels ont été organisés au Centre muséal dans ces conditions difficiles.

À cette époque, le Centre muséal « H. Blavatsky et sa famille » était confronté à trois défis principaux :

– créer un nouveau type de centre commémoratif, scientifique et culturel dans la région du Dniepr afin de perpétuer la mémoire de H. Blavatsky et de sa famille singulière, et d’offrir une compréhension à la fois rétrospective et prospective de ce phénomène ;

– jouer un rôle de premier plan en Ukraine pour redonner à H. Blavatsky la place qui lui revient dans le contexte de la science et de la culture nationales ;

– participer activement aux efforts internationaux visant à l’analyse savante de ses œuvres et à la sensibilisation du public à l’importance de l’héritage d’H. Blavatsky, ainsi qu’à son potentiel créatif et d’unité spirituelle.

Un concept scientifique a été élaboré pour répondre systématiquement à ces objectifs.

Le concept scientifique du Centre muséal envisage la création d’un nouveau type de centre scientifique et culturel international fondé sur le principe de l’exhaustivité.

Il comprendra :

– des expositions muséales ;

– une bibliothèque scientifique ;

– un centre de recherche et d’édition ;

– des clubs et des associations communautaires ;

– une salle de conférence ;

– des espaces dédiés aux activités créatives ;

– deux espaces verts (jardin et parc), dont l’un sera recréé dans l’enceinte du domaine Fadeev, et l’autre constituera le Jardin Helena Blavatsky ;

– un centre scientifique et touristique.

Le concept du Centre muséal « H. Blavatsky et sa famille » repose sur le principe de la trinité :

musée – centre scientifique et culturel – association de personnes partageant les mêmes idées.

Musée

Le musée sera installé dans une demeure historique. L’exposition principale se composera de trois sections, à savoir :

– une exposition présentant une reconstruction partielle des intérieurs d’un domaine noble ;

– des portraits consacrés aux membres de cette famille extraordinaire ;

– des expositions consacrées à Helena Blavatsky : « La vie et l’héritage d’H. Blavatsky » et « H. Blavatsky et le monde moderne ».

La troisième section, qui est la principale, sera consacrée à H. Blavatsky. Sa personnalité même — grandiose, aux multiples facettes, altruiste et saisissante par ses contrastes et son drame intérieur — exige la recherche de solutions uniques et de formes de présentation vivantes au sein de l’exposition. La recherche d’un concept d’exposition permettant de raconter, au Centre muséal, l’histoire de l’héritage de H. Blavatsky et de son influence au XIXe, au XXe et au début du XXIe siècle est encore plus complexe et importante. Avant tout, le principe conceptuel du symbolisme et de la symbolique constituera le fondement de cette exposition. Des objets exposés servant de symboles, ainsi que des récits d’exposition fonctionnant comme des symboles, transmettront les idées, les concepts et les perspectives de la « Héraut de la Lumière », créant ainsi une atmosphère de co-création et de dialogue avec les visiteurs du musée.

Centre d’études scientifiques et culturelles.

La construction d’un nouveau bâtiment est prévue pour le Centre. Celui-ci constituera un élément essentiel du futur Centre muséal. La philosophie du Centre H. Blavatsky repose sur la concrétisation des grandes idées d’Unité et de Synthèse, telles qu’énoncées par Blavatsky. Il est conçu pour axer son action sur la promotion d’une prise de conscience de l’unité du monde et de la synthèse des religions, des sciences et des arts dans le monde moderne.

Un centre de recherche et d’édition, une bibliothèque scientifique physique et numérique, une salle de conférence, des espaces d’ateliers, des studios et des zones dédiées à la création : voilà une liste préliminaire des composantes du Centre. Ces espaces prendront vie grâce au domaine d’activité le plus important du Centre : rassembler des personnes partageant les mêmes idées, créer et mettre en œuvre des programmes théosophiques ainsi que des activités culturelles et éducatives, sans oublier le tourisme scientifique — ou, plus précisément, l’engagement scientifique et spirituel.

Le jardin des Fadeev. Un aspect particulièrement important de sa restauration consistera à explorer la vision du monde, les concepts sémantiques et esthétiques qui y ont été insufflés par les Fadeev. Le jardin doit plonger les visiteurs dans un état de méditation philosophique, dans un monde de souvenirs et d’associations. En l’occurrence, le jardin est une composante essentielle du musée du domaine. C’est, en quelque sorte, un jardin du souvenir, un jardin-musée. Ce jardin-musée revêt également une grande importance à nos yeux en raison du rôle particulier que les Fadeev ont joué dans l’histoire des sciences naturelles et de l’horticulture dans la région.

Le jardin Helena Blavatsky est un pont entre le passé et l’avenir. Sa pièce maîtresse, telle qu’elle a été imaginée, sera l’« Autel de la Vérité » — trois pins encadrés de pierres, les trois Arbres — recréé d’après un dessin ancien d’H. Blavatsky (ou, selon une autre version, d’E. A. Gan, sa mère). Et l’image de l’arbre ici est, sans aucun doute, celle de l’Arbre de Vie — symbole d’immortalité, de la trinité de l’univers manifesté et de la verticalité cosmique.

La valeur historique et culturelle particulière du domaine de Fadeev, en tant que lieu de naissance de H. Blavatsky, ouvre la voie à la création, à Dnipro, d’un centre muséal d’importance internationale, unifié par une vision conceptuelle et artistique commune en un système unique et holistique d’objets et d’espaces qui possédera un potentiel spirituel, éducatif et informatif considérable.

Le Centre muséal H. Blavatsky et sa famille est en train de voir le jour en tant qu’organisme vivant, et non comme un mémorial statique. Tout en retraçant le passé et en recréant l’histoire, le Centre muséal se tournera vers l’avenir, vers l’épanouissement créatif de chaque nouveau jour.

Un travail considérable a été accompli et se poursuit encore à cette fin, et de nouveaux domaines d’activité se développent au sein du centre muséal. Ces dernières années, cependant, il est devenu particulièrement important de donner au projet une dimension internationale et de rassembler autour de lui une vaste communauté de personnes issues de différents pays.

Ce projet ne peut se concrétiser que grâce à la participation active, à l’engagement commun et à la collaboration créative de personnes tant en Ukraine que dans le monde entier. Rassembler des personnes partageant les mêmes idées autour du concept du Centre muséal H. Blavatsky et de sa famille et de l’héritage de H. Blavatsky est une tâche essentielle pour les années à venir.

Tatiana Golovchenko,

vice-présidente de la Loge H. Blavatsky, Dnipro, Ukraine

https://www.blavatskyuniverse.eu

Quels étaient les liens entre le comte et la comtesse Prozor avec le milieu théosophique à Genève ?


La réponse a été mise à jour le 13 octobre 2023.

Bonjour,

Nous vous remercions d’avoir fait appel au service Interroge, voici le résultat de nos recherches :

Jean-François Mayer, dans son ouvrage Les nouvelles voies spirituelles : enquête sur la religiosité parallèle en Suisse indique ce qui suit au chapitre Les débuts de la Société théosophique en Suisse :

« […] La fondation officielle de la Section suisse date de 1910 : dans le local de la ST à Genève, on peut encore voir la charte du 1er décembre 1910, […] avec centre administratif à Genève ; sept loges (nombre requis pour la constitution d’une société nationale) sont mentionnées. […]

En novembre et décembre 1900, le Dr Th. Pascal, auteur d’ouvrages théosophiques […] donna à Genève deux conférences sur les enseignements principaux de la théosophie, ainsi que sur les rapports de la théosophie avec la science, les philosophies et les religions. […]

« Seules, quelques consciences isolées s’ouvrirent timidement à la nouvelle lumière, se groupèrent dans les salons si généreusement accueillants du comte et de la comtesse Prozor […]. » (Bulletin théosophique, oct. 1912, p. 2)

Il exista ainsi dès 1901 des loges genevoises, alors rattachées à la France. Le groupe théosophique de Genève organisa à plusieurs reprises des conférences publiques, par exemple en 1903. »

Concernant ces conférences, nous en trouvons les convocations dans le Journal de Genève de l’époque, dont les archives sont consultables en ligne. En voici deux exemples :

5 mars 1902 – « Théosophie – Vendredi soir, à huit heures et demie, sous les auspices du groupe théosophique de Genève, le comte Prozor fera une causerie sur « la Théosophie à travers les âges », qui sera suivie d’un entretien familier. Des réunions de ce genre auront lieu dorénavant le premier jeudi de chaque mois. – Entrée libre. »

4 mars 1903 – « Théosophie. – On nous prie d’annoncer pour aujourd’hui mercredi soir, à huit heures, la conférence que fera M. le comte Prozor, au casino de St-Pierre. M. Prozor ayant déjà parlé, l’an dernier, sur « la Théosophie à travers les âges », voudrait à présent répondre à la question : « Qu’est-ce que la théosophie que veulent les théosophes d’aujourd’hui et que pensent-ils ? » Cette question a été posée dès le début aux conférences mensuelles organisées par le groupe théosophique de Genève, mais on n’a pu encore donner une définition complète et judicieuse de la théosophie, faute d’en avoir, au préalable, analysé quelques principes essentiels. »

En lien avec cette conférence, la Bibliothèque de Genève (BGE) conserve le document suivant La théosophie : oeuvre et doctrine : déclaration du Groupe théosophique de Genève rédigée et lue en séance publique au casino de St-Pierre le 4 mars 1903 par le comte Prozor.

Nous trouvons également dans les collections du Centre d’iconographie de la BGE des photographies de l’intérieur du casino de Saint-Pierre.

Cet entrefilet paru le 22 novembre 1915 dans le Journal de Genève nous indique l’adresse de la société : « 8h30. Cours public et gratuit au siège de la Société théosophique suisse, 3, cours des Bastions : Les lois fondamentales de la théosophie. »

Et le 22 octobre 1920, un article revient en quelques lignes sur les réunions de cette société organisée par la comtesse Prozor :

« Beaucoup de Genevois se souviennent d’une maison fort animée, où, il y a vingt ans, on faisait à la fois du théâtre et de la théosophie. C’était celle de la comtesse Prozor. Tandis que son mari, dont les fonctions de consul général de Russie comportaient assez de loisirs, et profitait pour traduire Ibsen […], elle s’occupait elle-même de répandre à Genève, qui l’ignorait jusque-là, la doctrine du Karma et de la réincarnation. Un jour les adeptes de ces croyances rencontraient dans son salon les fondateurs et les grands apôtres de la Société théosophique […]. »

Enfin, dans la bibliothèque numérique de la Bibliothèque nationale de France Gallica, nous trouvons l’ouvrage La vie et la souffrance selon la théosophie ; suivi d’une conférence sur l’art et la théosophie de la comtesse Marthe Elsa Prozor.

Nous espérons que ces éléments vous aideront dans votre recherche. N’hésitez pas à nous recontacter pour tout complément d’information ou toute autre question.

Cordialement,

www.interroge.ch

Le Comte PROZOR : À savoir : Prozor à traduit Ibsen. Gynt en scène a eu la musique Edward Grieg.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Maurice_Prozor

https://www.cairn.info/revue-etudes-germaniques-2007-4-page-899.htm

https://it.wikipedia.org/wiki/Peer_Gynt

Actor Henrik Klausen as « Peer Gynt »

La Comtesse PROZOR :

Greta Prozor, née le 3 janvier 1886 dans le 8e arrondissement de Paris1 et morte le 14 février 1978 à Genève est une comédienne, une professeur d’art dramatique et une traductrice du norvégien en français.

Biographie

Greta Prozor dans la pièce Maison de poupée d’ Henrik Ibsen, dessin de Paul-Charles Delaroche
Nora Sylvère et Greta Prozor dans La Terre est ronde d’Armand Salacrou (1943)

Greta Prozor est la fille du comte Maurice Prozor (1848-1928) 2, diplomate lithuanien au service de la Russie, ami et traducteur d’Ibsen, et de la comtesse suédoise Marthe-Elsa Bonde, cousine du roi de Suède. Le couple a trois enfants, Maurice, Greta3 et Elsa.

Son père a une propriété dans un quartier de Genève, Monchoisy4, ce qui explique que sa vie professionnelle se passe en bonne partie en Suisse.Très jeune elle se passionne pour le théâtre. Sur les conseils de Suzanne Desprès elle part à Paris pour se former. Son maître est Lugné-Poé. Elle débute à Nice puis joue à Paris et part en tournée en Europe. Ernest Fournier la met en relation avec Georges Pitoëff avec qui se développe une fructueuse collaboration. Elle joue les rôles principaux de plusieurs pièces que montent Lugné-Poé et Pitoëff. Un des plus marquants est celui d’Hedda Gabler d’Ibsen mais ses interprétations sont généralement appréciées par la critique. Elle joue tant à Paris (Théâtre Réja, Théâtre de l’Oeuvre) qu’à Genève avec la Comédie de Genève de Georges Pitoëff, en particulier durant la première guerre mondiale.

Greta se marie le 10 juin 19135 avec Walther Halvorsen, norvégien. Walther Halvorsen est un ancien élève, en 1909-1910, de l’Académie Matisse. Devenu marchand de tableaux, il est proche de ̥Matisse et des milieux artistiques et littéraires. Matisse peint des dessins et un grand portrait de Greta. Elle décrit la réalisation d’un dessin « Un jour, Matisse me demande de poser pour lui dans son atelier de Paris. Il voulait faire une grande toile, mais commença par des dessins, très nombreux. « Parlez », me disait-il, et il me posait des questions, sur le théâtre, évidemment. Moi, je parlais, avec force gestes. Soudain, il m’arrêtait d’un mouvement de la main, je m’immobilisais et le crayon commençait son travail sans que l’artiste s’arrête un instant. Quand le crayon s’immobilisait, le dessin était terminé. »6 La grande toile dont elle parle est exposée au Centre Pompidou7.

Greta est aussi une proche du poète Reverdy dont elle dit des poèmes. Max Jacob écrit « Mlle Greta Prozor la seule diseuse de vers à ma connaissance qui ait compris la dernière poésie moderne. Mlle Greta Prozor a compris ce qu’il y a de peu verbal dans la poésie moderne et particulièrement dans celles de Mr. Reverdy : elle a compris que cette poésie vient à la fois du tréfonds de nous-même et qu’elle est aussi très extériorisée mais plus par des objets qu’elle emploie (je le dis à dessein) que par les images et les mots dont elle pourrait s’orner et qu’elle dédaigne8. »

Walther Halvorsen et Greta Prozor divorcent quelques années après leur mariage. Greta se remarie le 15 janvier 19249 avec Augustin Currat, peintre, qu’elle a rencontré en 1922 lors du tournage du film La croix du Cervin de Jacques Béranger dans lequel elle joue un des deux rôles principaux.

En août 1922, Greata fait avec Oscar Vladislas de Lubicz-Milosz et son père un voyage en Lithuanie10. (https://it.wikipedia.org/wiki/Oscar_Vladislas_de_Lubicz-Milosz)

Elle est professeur d ‘art dramatique au Conservatoire de Genève de 1939 à 1965. Elle a comme élèves, entre autres, André SteigerGuillaume ChenevièreBéatrice Perregaux

Théâtre

Comédienne

1910Késa pièce de Robert d’Humières, mise ne scène Lugné-Poë,Théâtre de l’Œuvre

1911, Hedda Gabler, d’Henrik Ibsen, mise en scène Lugné Poe, Théâtre de l’Œuvre11

1912 Morituri, de Maurice Prozor12, Théâtre de l’œuvre

1913Une maison de poupée, d’Henrik Ibsen, Théâtre Antoine

1913Thérèse Raquin, d’Emile Zola, Palais d’hiver de Pau Le cœur des autres

1915 Hedda Gabler, d’Henrik Ibsen, drame en 4 actes, trad. du Comte Prozor, Genève, 1915, Comédie de Genève, mise en scène Georges Pitoëff, avec Greta Prozor dans le rôle d’Hedda Gabler et Georges Pitoëff dans le rôle de Loëvborg.

1920La fille sauvage de François Curel,, pièce en 6 actes, Paris 1920, Théâtre du Vaudeville avec Gréta Prozor dans le rôle de Marie)

1921 La souriante Madame Beudet , tragi-comédie en 2 actes, de Denys Amiel et André Obey, représentée pour la première fois au Nouveau-Théatre, le 16 avril 1921, rôle de Mme Beudet13

1921 Le cœur des autres, de Gabriel Marcel, Théâtre de l’Œuvre

1928 Les revenants, d’ Henrik Ibsen, trad. du Comte Prozor, drame en 3 actes, Paris, 1928, Théâtre des Mathurins, mise en scène Georges Pitoëff, avec Greta Prozor dans le rôle d’Hélène Alving

1943 La terre est ronde, pièce d’Armand Salacrou

Metteur en scène

1933 : La ligne brisée? d’Ami Chantre, Genève, Théâtre de la Comédie à Genève

1944 Le Sein de la famille de Félix Vallotton, Les Tréteaux d’Arlequin, La Chaux-de-Fonds

Traductrice

Trygve Gulbranssen Le Salut du Gaard, roman, Paris, Neuchâtel, 1952, V. Attinger, 213 p.

Notes et références

  1.  Archives en ligne de Paris 8e, année 1886, acte de naissance no 41, cote V4E 6072, vue 8/31 [archive]
  2.  Isabelle Monod-Fontaine, « Portrait de Greta Prozor [archive] », sur centrepompidou.fr, 2007 [Extrait du catalogue Œuvres de Matisse, catalogue établi par Isabelle Monod-Fontaine, Anne Baldassari et Claude Laugier, Paris, Éditions du Centre Pompidou, 1989]
  3.  Greta a comme parrain le comte Carl Snoilsky, très proche ami d’Ibsen, in Comœdia du 26 février 1932 lire en ligne [archive] sur Gallica
  4.  M. Délétra, « Greta Prozor au Lyceum (Genève) », Le mouvement féministe,‎ octobre 1947 (lire en ligne [archive])
  5.  Archives en ligne de Paris 6e, année 1913, acte de mariage no 526, cote 6M 225, vue 16/31 [archive]
  6.  Extrait du catalogue Collection art moderne – La collection du Centre Pompidou, Musée national d’art moderne, sous la direction de Brigitte Leal, Paris, Centre Pompidou, 2007
  7.  Portrait de Greta Prozor, fin 1916, huile sur toile 146 x 96 cm. Dominique Fourcade consacre un article à ce tableau et à Greta Prozor : Greta Prozor d’Henri Matisse , in Cahiers du Musée national d’art moderne, n° 11, pp. 101-107, Paris, Centre Georges Pompidou, 1983